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TDA-H et TOP chez l’enfant : comprendre le système nerveux pour mieux accompagner

Un enfant qui explose pour « rien », qui refuse, défie, interrompt, qui oublie tout, qui semble ne jamais écouter… Ces situations vous disent quelque chose ?

Vous avez peut-être essayé les punitions, les explications, les récompenses… mais rien ne change vraiment.

Et si le problème n’était pas la volonté de votre enfant, mais l’état de son cerveau à ce moment précis ?

Dans cet article, je reprends les idées principales que j’ai relevées lors de la conférence de l’Institut Neurosens du 10 mai 2026. en espérant que ça puisse donner du sens aux parents et aux professionnels qui accompagnent des enfants avec un TDA-H (Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et/ou un TOP (Trouble Oppositionnel avec Provocation).

Les symptômes sont variés : sommeil perturbé, respiration buccale, anxiété et opposition. Les parents se sentent souvent épuisés et démunis.

Et si ce n’était pas le point de départ mais le langage du système nerveux ?

Et si le TOP n’était pas un trouble du comportement mais un signal du système nerveux ?

Selon certaines études, 40 à 70 % des personnes ayant un TDA-H présentent aussi un TOP.

Quels sont les critères selon le DSM-5-TR (ouvrage de référence des troubles) ?

TDA-H

Le TDA-H comprend 18 critères neurodéveloppementaux.
Le diagnostic est posé lorsque l’enfant présente au moins 6 critères persistants. Chez l’adulte, 5 critères peuvent suffire, avec des symptômes apparus avant l’âge de 12 ans.

Les symptômes concernent principalement :

  • l’inattention,
  • l’hyperactivité,
  • l’impulsivité.

TOP

Le TOP comprend 8 critères relationnels et comportementaux.
Le diagnostic est posé lorsque au moins 4 critères sont présents pendant une durée de 6 mois ou plus.

Les manifestations principales sont :

  • une humeur colérique et irritable,
  • un comportement argumentatif et défiant,
  • un esprit vindicatif (cherche à se venger).

Ces comportements peuvent provoquer des tensions importantes dans la vie familiale et scolaire.

Les troubles associés au TDA-H

Le TDA-H est souvent associé à d’autres troubles :

  • TOP,
  • anxiété,
  • troubles du sommeil,
  • troubles des apprentissages,
  • difficultés émotionnelles,
  • dépression.

L’origine de ces troubles n’est pas encore totalement comprise.

Sécurité intérieure et système nerveux

Sécurité = physiologie interne + lien externe

On parle de sécurité physiologique lorsque le corps est capable de maintenir une bonne régulation du tonus, du sommeil et de la respiration, et de sécurité du lien quand il y a corégulation par les figures sécurisantes (famille, école, pairs…).

Lorsque l’une de ces sécurités lâche, les symptômes peuvent apparaître ou s’intensifier.

Restaurer ces deux dimensions, c’est l’angle d’accompagnement. Il permet souvent de diminuer les conflits, la culpabilité, l’épuisement familial et de développer la connexion avec l’enfant.

Le corps : premier environnement du cerveau

Avant même les apprentissages scolaires, le cerveau de l’enfant doit pouvoir ressentir un corps stable, respirer efficacement, récupérer pendant le sommeil, réguler son niveau de vigilance, revenir vers un état d’apaisement. Ces fonctions ne sont pas séparées ; elles interagissent en permanence.

À la naissance, le bébé découvre la gravité. Il doit progressivement apprendre à habiter son corps.

Le tonus n’est pas seulement musculaire. Il soutient aussi nos capacités : équilibre, orientation, éveil et sécurité. La sécurité intérieure se construit donc à travers le corps et la relation.

Le tonus influence déjà l’attention.

Chez certains enfants, une grande partie de l’énergie du système nerveux est déjà mobilisée pour maintenir :

  • la posture,
  • la respiration,
  • la vigilance,
  • l’équilibre interne.

L’attention devient alors plus fragile, plus coûteuse et parfois difficile à maintenir.
L’enfant peut sembler distrait ou opposant alors qu’il tente simplement de maintenir son équilibre interne.

Mais comment toutes ces fonctions (posture, respiration, éveil, sommeil, attention, émotions…) restent-elles synchronisées ?

Le système tonico-respiratoire

Un même système semble coordonner plusieurs fonctions essentielles : posture, respiration et éveil.
Ce système est appelé système tonico-respiratoire.

Quand cette coordination s’épuise, l’équilibre devient plus difficile. Le corps met alors en place des adaptations au niveau de la posture pour tenter de bien respirer :

  • lordose lombaire,
  • ventre proéminent,
  • langue basse,
  • retrait de la mandibule…

Respirer devient coûteux !

La posture s’organise autour de la respiration ! Alors que c’est l’inverse en général.

Une grande partie de l’énergie du système nerveux est mobilisée pour maintenir : vigilance, posture, respiration et contrôle émotionnel.

Le corps tente de tenir avant même de pouvoir apprendre !

Les signes à observer

Certains signes peuvent alerter :

  • bouche ouverte pendant le sommeil,
  • ronflements,
  • micro-réveils nocturnes,
  • sommeil non réparateur,
  • difficultés émotionnelles…

Ces adaptations commencent très tôt et se voit encore chez l’adulte.

Pendant le sommeil paradoxal, le tonus chute naturellement.
Chez certains enfants, cette baisse devient plus difficile à compenser. Le corps continue de lutter pendant que l’enfant dort ! Ce que l’enfant tente de réguler le jour, le corps tente souvent de le gérer la nuit. Or, un cerveau fatigué ne peut pas se réguler correctement.

Le comportement devient un signal

Le TDA-H est donc un trouble de l’attention ET un trouble de la régulation !

Le comportement devient alors un message envoyé par le système nerveux.

Derrière l’opposition, l’agitation ou les crises, il peut y avoir un système nerveux en surcharge. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas poser de cadre. Mais cela invite à regarder l’enfant autrement.

Comprendre le fonctionnement du système nerveux permet souvent de sortir de la culpabilité et du rapport de force.

Les outils d’accompagnement

Il existe différents outils d’apprentissage de la régulation adaptés à chaque enfant :

  • neurofeedback,
  • observation clinique,
  • biofeedback respiratoire,
  • biofeedback EDA,
  • accompagnement psychocorporel…

L’objectif est de l’aider à retrouver davantage de sécurité intérieure. Lorsque le système nerveux retrouve plus de stabilité, l’attention, les émotions et les comportements peuvent progressivement s’apaiser.

Je rajouterai que l’hypnose peut être un accompagnement complémentaire intéressant chez certains enfants présentant un TDA-H.
Elle peut aider à renforcer la confiance en soi, améliorer la gestion des émotions et favoriser un apaisement intérieur.
L’hypnose permet également de travailler la sécurité émotionnelle, le sommeil, les peurs ou encore les difficultés relationnelles dans un cadre adapté à l’enfant.

Un document qui s’adresse aux parents, enseignants et professionnels

Les parents ont souvent besoin d’être soutenus et rassurés. Vivre avec un enfant ayant un TDA-H et/ou un TOP peut être épuisant émotionnellement.

Les enseignants et les professionnels de santé, du mieux-être, jouent également un rôle essentiel.
Une meilleure compréhension du fonctionnement neurophysiologique de l’enfant permet d’éviter de nombreuses incompréhensions.

Voici donc un document réalisé par l’Institut Neurosens pour vous aider à savoir où en est l’enfant et comment réagir en conséquence. Il vous donne des leviers d’action adaptés à chaque niveau (sécurité, alerte, survie).